L’histoire de Saint-Tropez, qui vit passer Celtes, Grecs, Phocéens, Romains, Sarasins, Gênois, Espagnols et même Japonais, est aussi vieille et mouvementée que celle de la France…
C’est véritablement en 1892 que Saint-Tropez naît au monde, du moins dans l’imaginaire moderne et contemporain tel qu’il l’envisage aujourd’hui. Cette année-là, depuis le pont de son bateau L’Olympia, le peintre Paul Signac contemple les paysages de la presqu’île. Saisi par la beauté du lieu, il décide de s’y installer. Sa villa, La Hune, va vite devenir le rendez-vous de ses amis Bonnard, Derain, Marquet, Matisse…
De ces années bénies et picturales, le Musée de l’Annonciade, installé dans une ancienne chapelle en bordure du port, garde précieusement le souvenir, immortalisé par les œuvres de Signac, Bonnard, Matisse, mais aussi de Braque, La Fresnaye, Vlaminck, Vuillard…
A la peinture, succèdera la littérature avec l’installation, en 1925, de Colette dans sa maison de la baie des Cannebiers, la Treille Muscade. En 1946, c’est Saint-Germain des Près qui découvre Saint-Tropez dans le sillage de Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir. Et puis, c’est le cinéma qui prend le relais. En 1956, Roger Vadim y tourne Et dieu créa la femme avec Brigitte Bardot qui ne quittera plus Saint-Tropez, et en 1958 Otto Preminger y tourne Bonjour Tristesse avec Jean Seberg qui y reviendra…
Saint-Tropez est devenu universel, presque trop, et au cinéma de recherche et de création succèderont des séries plus populaires, dans lesquels “sous-doués”, “branchés”, “gendarmes” et autres “randonneurs” tiendront la vedette… |